Les bienfaits

DU PLACENTA

Partout à travers le monde. Dans de nombreuses cultures le placenta est adoré, respecté, célébré ; dans certaines tribus on le considère même comme un deuxième enfant. Dans notre société occidentale le placenta équivaut à un déchet organique. Pire, il est même souvent associé aux risques d’hémorragies. On doit l’expulser rapidement, on tire dessus, on coupe le cordon avant même qu’il ne soit sorti, on enchaîne les actes médicaux pour qu’il n’encombre pas.

COUPER LE CORDON
 

On connaît tous cette expression vieille comme le monde « il faut couper le cordon » mais savez vous qu’en réalité en France, nous coupons ombilical bien trop tôt?
Dans notre culture nous considérons le placenta comme un déchet en occultant complètement ses atouts. A la naissance le placenta gère l’oxygénation du bébé jusqu’au moment où il peut respirer par lui même. C’est à ce moment là que les vaisseaux sanguins du cordon se collabent.

Alors couper le cordon trop tôt ça risque quoi concrètement ? L’enfant se trouve momentanément réellement privé d’oxygène et peut se retrouver en hypovolemie : ce qui signifie un déficit de sang (plus précisément plasma sanguin) donc une anémie chez l’enfant et parfois des troubles neurologiques. De plus l’acte de couper le cordon incombe souvent aux pères ce qui lui donne un peu la sensation de séparer l’enfant de sa maman. En dehors de ça, la signification est parfois brutale et ne nécessite aucune urgence.

Et les bénéfices ? L’enfant a une meilleure oxygénation à la naissance. Il bénéficie également d’un transfert non négligeable en fer (les apports s’en ressentent jusqu’à 6 mois après la naissance), nutriments et oligo-éléments

Voici des données scientifiques :
• JS Mercer. J Midwifery dans Womens Health démontrent 9 études portant sur 531 enfants montrent que le temps de coupage du cordon allait de 3 mn à jusqu’au moment où il n’y avait plus de pulsations. Les enfants chez qui la section du cordon avait été tardive ne présentaient pas un taux plus élevé de polycythémie ou d’ictère. Ces enfants avaient aussi une prévalence plus basse d’anémie, et le taux d’allaitement était plus élevé à 2 mois.
• Dans 7 études randomisées portant sur des prématurés, les avantages d’une section tardive du cordon (lorsqu’il avait cessé de battre) étaient encore plus net : les enfants avaient un hématocrite et un taux d’hémoglobine plus élevé, une pression sanguine plus stable, un meilleur volume sanguin, une adaptation cardio-pulmonaire plus rapide ; ils avaient besoin d’une oxygénation et d’une ventilation assistée pendant moins longtemps que les enfants chez qui le cordon avait été coupé rapidement, et ils ont nécessité moins de transfusions. [projetdenaissance.com]

Rien n’a prouvé que le fait d’attendre pour couper soit dangereux. Au contraire c’est bénéfique pour le bébé cependant nous vivons dans une ère où séparer une mère de son bébé est devenu la norme (bien sûr on sépare le bébé du placenta par cet acte pas de sa maman)

Il suffit parfois de quelques minutes ou quelques heures pour que le cordon cesse de battre.

 Le « bébé Lotus » est un acte visant à garder le placenta jusqu’à ce qu’il se détache de lui même il est néanmoins nécessaire de faire attention à ce que le cordon une fois sèche ne gène pas le bébé ainsi qu’à bien emballer le placenta pour éviter les mauvaises odeurs.
 

On considère un clampage rapide lorsqu’il est fait dans les 30 secondes après la naissance et tardif plus d’une minute après ou lorsque il cesse de battre. A l’ère d’une société où tout se joue à mille à l’heure, laissons nous le temps avant de détacher le bébé de son placenta

 

L’ARBRE DE VIE
 

Le placenta permet au bébé de vivre et de se développer. C’est lui qui assure les échanges de sang, d’oxygène et de Co2 entre la mère et le bébé. Au début tant que les organes du bébé ne sont pas développés c’est lui qui prend le rôle du tube digestif ou des poumons par exemple. Il crée également une barrière protectrice autour du bébé et filtre nombres de substances nocives (bien sûr pas certains médicaments, alcool, tabacs…)
 

C’est l’ocytocine produite durant l’accouchement ainsi que pendant l’allaitement qui aide à l’expulsion naturelle du placenta. On parle très peu de ce moment. Lorsque le corps médical décide d’accompagner une femme dans un accouchement physiologique on le respecte souvent … jusqu’au placenta. A partir du moment où le bébé est la les règles ne s’appliquent plus. Bien souvent la règle est de 15 à 30 mn avant de lancer les ocytocine de synthèse pour sortir le placenta de force. Alors qu’en réalité il se décolle effectivement dans les vingt minutes mais peut rester en « dormance » dans le vagin plusieurs heures (même jusqu’à 24h) sans que cela ne cause de soucis. La naissance du placenta fait toujours parti de l’accouchement et il est important de respecter cette liberté des femmes d’avoir un accouchement naturel jusqu’au bout. Un placenta s’accouche comme un enfant… Le corps est toujours dans le processus de la naissance tant que le placenta est toujours là. On appelle cela la phase 3 de la naissance.
 

Durant ce laps de temps il est primordial que le cocon intime de la maman et du bébé soit préservé. La maman et le bébé doivent être en osmose (exit donc la manipulation du bébé qu’elle quelle soit), au chaud. Voilà ce que dit Michel Odent à ce sujet « Avec les années, je suis parvenu graduellement à la conclusion que les hémorragies post-partum sont presque toujours reliées à des interférences inappropriées. Les hémorragies post-partum seraient extrêmement rares si quelques règles simples étaient comprises et prises en considération. Je suis tellement convaincu de l’importance de ces règles que j’ai accepté deux fois d’assister à un accouchement à domicile même si je savais que l’accouchement précédent de ces femmes s’était soldé par une extraction manuelle du placenta et une transfusion sanguine. »
 

Il est utopique de penser qu’on puisse œuvrer de façon physiologique jusqu’à la naissance du placenta en maternité ou hôpital. Déjà parce que les équipes se partages plusieurs mamans en train d’accoucher et pour des raisons évidentes il leur est difficiles d’engager une surveillance soutenue pour une maman seule pour autant rien n’empêche d’en discuter avec l’équipe médicale présente. En plateau technique ou à la maison la configuration une sage femme pour une maman tend rend cette volonté plus simple à respecter .
 

Les rituels sont parfois ésotériques mais ils existent néanmoins. On peut lire l’arbre de vie de l’enfant dans les nervures que dessine le placenta, on peut faire une empreinte de placenta, on peut l’enterrer et planter un arbre à cet endroit. Tout dépend la symbolique que chacun y met, dans tous les cas cet organe mérite à être compris et respecté.
 

Le placenta possède de nombreuses propriétés médicinales. Après la naissance, en consommer permet de réduire drastiquement les douleurs des tranchées et aide à une bonne récupération. Il favorise également la mise en place de la lactation. Il est possible de le transformer de plusieurs façons: en gélules, en homéopathie, en poudre, en teinture mère, frais… Il est excellent pour les coliques du bébé, certaines maladies infantiles, maladies cardiovasculaires, pour la ménopause, les problèmes cutanés, Il a des propriétés régénérantes et est également un très bon allié en baume. Sa composition varie en fonction du sexe de l’enfant et des facteurs environnementaux.

Pour aller plus loin : « Le plancenta : rituels et usages thérapeutiques » de Cornelia Enning

En Terre de Mères

© 2020  Julie Toutin ⋒ Doula en Dordogne (24) | Bergerac | Périgord
Mentions Légales Politique de confidentialité